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Interview de France Azéma
Propos recueillis par Philippe Pratx
pour La Nouvelle Revue de l'Inde et Indes réunionnaises

      Toulousaine, imprégnée de culture indienne, France Azéma est l'initiatrice d'un jeune mais très actif réseau - La Porte de l'Inde - qui fédère les énergies dans la Ville Rose, deuxième ville indienne de France. Elle nous parle ici de son parcours, de sa passion pour l'Inde et des actions du réseau lui-même.

  • IR/LNRI : France Azéma, pourriez-vous tout d’abord vous présenter à nos visiteurs ?

FA : Je suis mère de deux grands enfants de vingt et vingt-cinq ans. J'habite principalement à Toulouse.
   Passionn
ée par lInde depuis toujours, jai naturellement orienté mes choix de vie, mes études et mon parcours professionnel autour de ce pays extraordinaire.
   A l
’âge de seize ans, désireuse dapprofondir ma connaissance de la culture et de la religion hindoues, jentame le yoga et obtiens mon professorat à vingt-et-un ans. Parallèlement, je poursuis des études de tourisme international avec la spécialisation "pays en voie de développement", puis des études de travailleuse sociale (qui m'ont par la suite amenée à présenter le Cafdes - certificat d'aptitude aux fonctions de directeur d'établissements sociaux) à l'EHESP).
   Apr
ès quelques années à Paris où je travaille à lhôpital Necker et développe me connaissances en Immunologie Clinique (études que je poursuivrai plus tard à Hong Kong), je pars avec mon conjoint vivre plusieurs années à l’étranger (Delhi, Hong Kong) avant de revenir à Toulouse où se trouvent nos racines respectives. Mais lInde nest jamais très loin et je minvestis depuis plusieurs mois dans la création dune association visant à promouvoir la culture indienne sur le Toulousain.
   En Asie, je me suis investie dans des t
âches autour du VIH, des femmes et de la précarité. Je pense que ces trois concepts ont été le fil rouge de tous mes choix professionnels.
   D
éjà Sociologue du Genre et des Religions, je me suis lancée aujourdhui dans la rédaction d'une thèse pour lEcole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et je consacre mon travail de recherche à la puissance féminine dans le symbolique religieux hindou.
   Je retourne tr
ès régulièrement en Inde, à loccasion de conférences, de congrès professionnels ou pour enseigner sous forme de séminaires dans diverses universités du Nord de l'Inde (Delhi, Chandigarh et Varanasi), ou tout simplement, pour retrouver tous mes amis. Ces voyages sont pour moi indispensables : ils constituent un ressourcement et le socle de mon épanouissement.
   J'enseigne, lorsque je suis en France, l'Hindouisme et le Bouddhisme Mahayana
à l'université de théologie.

  • IR/LNRI : A quand votre amour de la culture Indienne remonte-t-il et comment l’expliquez-vous ?

FA : Alors que j'étais scolarisée dans une institution catholique, j’ai rapidement été intéressée par la question religieuse et par la spiritualité. Très tôt, vers les douze ans, je lis la Bible où je cherche des réponses, notamment autour du « Mystère de la Foi », abstraction qui me taraude et que je cherche à appréhender. Cette lecture m’ouvre à d’autres questionnements et à de nouvelles recherches. Je me penche sur les divers textes sacrés et découvre mes premières réponses dans le Vedenta dont les textes, les iconographies et l’obédience spirituelle font écho en moi. A partir de là, l’Inde, sa culture puis plus tard, la philosophie bouddhiste exercent sur moi une réelle fascination. 
   Avec le recul, je me dis qu
il y a sûrement eu dans mon irrépressible attirance denfance vers lInde un goût pour cet inconnu si familier mais peut-être aussi linterdit posé par une éducation religieuse très stricte, à une époque où les mouvements hippies éclosent. Empreints dune quête de spiritualité très éloignée des standards catholiques dominants en France, ces élans dune jeunesse en rébellion sont visualisés comme effrayants, dangereux, attirants. Dans le contexte de l’époque, dans mon entourage en particulier, la religion hindoue est amalgamée à certains courants sectaires (Moon, Arrhe Krishna notamment) et à certaines dérives dont limage d’Épinal demeure celle du baba-cool sur les chemins de Katmandou. En ce qui me concerne, je nai jamais été tentée de frayer avec ces tendances. Cest dailleurs par une démarche de construction spirituelle fouillée, pleine et entière que jai pu progressivement dépasser les peurs issues des stéréotypies ambiantes concernant lInde.
   Pour finir, il faut savoir que la danse a toujours eu une place importante dans ma vie puisque j
ai commencé la danse classique à l’âge de quatre ans. La place faite à la danse dans la culture hindoue, son caractère sacré et sa présence dans les temples dans l'Inde ancienne constituent également des éléments qui résonnent profondément en moi.

  • IR/LNRI : Vos études à l’EHESS vous ont encore rapprochée de cette culture ?

FA : Lorsque je reviens d’Inde après y avoir vécu plusieurs années, je commence des études de sociologie du genre parce que les rapports sociaux hommes/femmes m’interpellent depuis longtemps. Et comme l’Inde n’est jamais très loin, je me saisis de ce parcours pour finaliser des réponses sur les femmes indiennes. En effet, J 'avais eu à développer un projet de travail  à Delhi auprès des femmes d'un bidonville du nord de la ville dans le cadre d'une mission OMS. Il s'agissait d'un projet pluridisciplinaire où l'OMS nous donnait un cadre d'une grande amplitude. Nos rôles étaient bien définis et ma mission était de travailler auprès des femmes. Cette approche avait été extrêmement riche et je n'ai eu de cesse de vouloir comprendre la force qui animait ces femmes.
   C
est à mon retour en France que je suis contactée par un Directeur de Recherches en Anthropologie qui me demande de travailler avec lui. Débutent alors mes études danthropologie indianiste à lEHESS. Mes recherches portent tout d'abord sur les droits des femmes dans la législation hindoue.
   Actuellement, mes recherches sont consacr
ées à la place des Femmes et du Féminin dans la religion hindoue en Inde du Nord. Il sagit là dun gros travail de recherches mais aussi dincontournables présences sur le terrain. Ce sont ces expériences très fortes qui menrichissent et éclairent mon regard et mon approche. Mes études mapportent avant tout un éclairage théorique. En somme, ce ne sont pas tant mes études à lEHESS qui me rapprochent de la culture indienne mais mon désir constant d’être immergée dans cette culture qui nourrit mon parcours de recherches. Un bon point tout de même : mes études me permettent denseigner dans des universités en Inde, de faire de nombreuses conférences à l'étranger et de rencontrer à ces occasions des spécialistes de lInde (je me rends ainsi compte que le réseau indianiste, même international,  est relativement mince car, au fil des conférences, je retrouve dans le monde entier, souvent les mêmes professionnels),  passionnés par les mêmes questions que moi ! Jy prends un véritable plaisir et en retire toujours des apports intéressants.

  • IR/LNRI : Quels sont les aspects de l’Inde et de sa culture qui vous attirent plus particulièrement ?

FA : Durant mes trois années de vie à Delhi, j’interviens d’abord au lycée français en tant qu’assistante sociale, puis sur la création d'un réseau professionnel pluridisciplinaire sur le VIH, avant d’accepter une mission conduite par l’OMS dans un immense bidonville de Delhi. Je rencontre à cette occasion des femmes issues du Rajasthan dont la joie de vivre et la force me subjuguent. Déjà questionnée par la place du féminin dans la société, je mesure lors de ces rencontres la place et le rôle de ces femmes dans la sphère privée. Au sein de la maison, la femme a une place extraordinaire, elle maintient le foyer, qui permet l’accès au divin et la protection des dieux. Il y a un dicton indien qui dit ceci: "une maison sans femme est inauspicieuse".  Dans la sphère publique, en revanche, c’est l’homme qui doit rayonner.
   A partir de là, je me passionne pour la « puissance féminine » dans le symbolique religieux hindou. Cest cet aspect là de la culture indienne qui mintéresse aujourdhui le plus. Dune certaine manière, je souhaiterais faire se rejoindre lInde et lOccident au travers de mes sujets d’études et notamment casser la fausse image que lon a de la femme Indienne.
   A bien y r
éfléchir, la question de la « puissance féminine » est une question centrale, transversale à toutes les sociétés, quels que soient la culture dominante et les courants religieux qui la fondent. Ainsi, en mettant par exemple en perspective lapproche psychanalytique (complexe de castration par exemple) propre aux occidentaux et le symbolique religieux hindou, vous vous rendez compte que la « puissance féminine » et la peur quelle inspire aux hommes sont équivalentes dans des sociétés aux cultures a priori éloignées. En fait, cest uniquement le mode dexpression et de résolution de ces questions qui change ! C'est ainsi que, passionnée par l'ouverture qu'apporte un regard pluridisciplinaire, j'ai approfondi ce thème de la "puissance féminine" avec un ami/collègue psychanalyste lacanien. Nous avons fait une exploration formidable et extrêmement riche en enseignements.
   Bien-entendu, je ne saurais limiter mon attrait pour l
Inde à ce seul aspect.  Je suis avant tout passionnée par la dimension spirituelle à multiples facettes de l'Inde. Bouddhiste de confession, très active dans des mouvements en faveur du peuple tibétain, jai dailleurs eu limmense privilège de rencontrer plusieurs fois de grands lamas ainsi que régulièrement Sa Sainteté le Dalaï-Lama en personne et je garde, chaque fois, de ces rencontres privées un souvenir extraordinaire. Ces moments intenses me transportent et me renforcent dans qui je suis.
   Enfin, en indianiste convertie, je pratique la danse, le yoga, la m
éditation et ai « exporté » un certain art de vivre indien dans ma vie de tous les jours : vêtements, cuisine parce que j'ai un peu d'Inde en moi et parce que tous les aspects de lInde mintéressent !

  • IR/LNRI : Cette culture indienne est-elle vivante et visible dans cette région toulousaine où vous résidez ?

FA : A mon goût, pas assez ! La diaspora indienne est importante (après Paris, Toulouse est la ville la plus habitée par les Indiens) mais peu visible. Cela tient certainement à un certain défaut de rassemblement et d’unité dans la démarche promotionnelle de la culture indienne.
   Mais aussi peu tress
é soit-il, le tissu associatif existe Les initiatives et les forces vives aussi. Reste à les fédérer et à les coordonner. Tout lenjeu de notre construction associative est là : parvenir à créer un réseau qui permette le repérage de limportance de cette diaspora indienne à Toulouse et, par-là même, inciter nos politiques locaux à agir en faveur de la reconnaissance et de la promotion culturelle Indienne.

  • IR/LNRI : Vous vous investissez particulièrement dans le réseau artistique et culturel actif dans la Région Midi-Pyrénées, qui s’affiche sur internet notamment par le blog La Porte de l’Inde : pouvez-vous me dire comment et grâce à qui est né ce réseau ?

FA : Je pense pouvoir dire qu’il s’agit d’une initiative personnelle, d’une initiative dont je ressens le besoin et l’opportunité.
   J
ai toujours été amenée, dans tous mes emplois, à développer des réseaux inter-partenariaux (en Asie et en France). Ces réseaux touchaient le milieu médical et médico-social, mais, en termes de résultats et de performances, cest sensiblement identique. La démarche pour atteindre les résultats est la même.
   D
abord, lidée du réseau est plutôt stratégique. Cela permet de mesurer limportance du nombre  des personnes intéressées et visées par un tel projet. Il sagit dun outil statistique et dun passage nécessaire pour appuyer une demande de reconnaissance.
   Mais le r
éseau est surtout une grande aventure  humaine. Je maperçois que sa création répond et a répondu à une demande ou même à plusieurs demandes. Le fait de mutualiser toutes les énergies mais aussi tous les savoirs, apporte une grande amplitude de possibles et cest cela qui mintéresse. Les « indianistes » (jentends par ce terme toutes les personnes qui travaillent ou œuvrent pour lInde) sont assez peu nombreux, notamment à Toulouse. Les fédérer en réseau est vraiment intéressant. Nous avons tous une approche, une connaissance et un vécu différents de lInde. Ici aussi, lInde révèle encore ses multiples facettes !

  • IR/LNRI : Quels sont les domaines d’activité du réseau ?

FA : Faire vivre les traditions. Il s’agit là de répondre à la recherche de repères de la diaspora (j’ai vécu à l’étranger et je peux comprendre ce ressenti). La tradition indienne est très forte, elle comporte de très nombreux festivals, des rituels. Elle possède des côtés très festifs, très colorés, que, nous devons l’avouer, nous n’avons pas beaucoup ici, en France. Donc pour les Indiens à Toulouse, c’est formidable de trouver un espace où ils peuvent recréer, pour un moment, un petit coin d’Inde. Ils participent, ils conseillent, ils rendent le réseau possible, ils rendent le réseau crédible.
   Restituer le sens de la culture indienne. Les professionnels (artistes : danseuses, musiciens, photographes, cuisiniers, etc.) qui participent aux événements, peuvent trouver un sens nouveau à leur discipline. Pour un artiste, replacer sa pratique dans un contexte très réaliste est tout à fait intéressant. Par exemple, pour parler du domaine artistique que je connais relativement bien en Inde, les danses indiennes ont un sens, une Histoire, un usage très précis. Hors contexte, les danses pourraient s’apparenter à une simple pratique sportive « exotique ». Une des missions du réseau est donc de recréer à un moment donné un environnement et une ambiance aussi proches que possible du contexte indien en présentant sur la même scène l’ensemble des pratiques indiennes : recréer une journée particulière indienne.
   Favoriser la reconnaissance des divers intervenants autour de l
Inde. Les associations proposant des actions en faveur de lInde dévoilent chacune un aspect particulier de lInde, des réalités indiennes. Et il est important pour elles aussi d’être visibles car leur but est de souligner des points sensibles, de mobiliser lopinion afin de réaliser des actions de terrain. Le réseau doit donc permettre la convergence de toutes les personnes qui peuvent être en demande et de celles qui détiennent des réponses.
   Enfin, en créant ce réseau, j’ai aussi dans l’idée d’éclairer un peu les Toulousains sur cette communauté qu’ils côtoient, qu’ils sont amenés à rencontrer et d’aller au-delà (voire d’effacer) toutes les étiquettes, les clichés relatifs à l’Inde (et ils sont nombreux !!!). L’Inde a toujours été fantasmée, imaginée. Elle fait rêver ou elle rebute. Elle fait régulièrement l’objet de modes. Elle attire les amateurs d’exotisme, de spiritualité, de mystique, de sensations fortes, de romanesque, etc. Un des exercices difficiles du réseau est de maintenir l’aura de l’Inde tout en pointant son côté purement humain, maintenir l’imaginaire indien dans l’esprit occidental tout en intégrant le quotidien d’une diaspora (ses jeunes, sa population active, ses familles : enfants, épouses ne travaillant pas), une diaspora en recherche d’une vie sociale totalement intégrée tout en préservant ses racines.

  • IR/LNRI : Et quelles sont les actions qui ont déjà été menées ?

FA : Le réseau est en cours de constitution mais les Indiens s’en saisissent bien. Nous avons déjà organisé divers événements : principaux festivals indiens comme Dusshera et Holi ainsi que la Journée Internationale de la Danse. Pour chacun des quatre événements organisés depuis décembre 2011, nous avons rassemblé, et atteint les objectifs que nous nous étions fixés.  Après une année de vie, le premier rapport d'activité donnera une photographie plus précise et permettra d'établir des plans d'actions plus justes et plus précis.

  • IR/LNRI : Quelles ont d’ores et déjà été vos plus grandes satisfactions ?

FA : En premier lieu, avoir réussi à rassembler de nombreux professionnels (professeurs de danse, de musique…), diverses associations culturelles, solidaires et humanitaires et beaucoup de participants de la communauté indienne.
   En second lieu, je crois pouvoir dire que ces rassemblements ont mis en
évidence lattente forte dun lieu commun autour de LInde, dun lieu qui favoriserait le regroupement des diverses actions et intervenants autour de ce thème. Cette attente est également un point de satisfaction. Elle nous montre tout lintérêt et toute lopportunité de notre démarche !

  • IR/LNRI : … Des déceptions également ?

FA : Disons que j’aurais pu attendre certaines adhésions comme celle des « réseaux Asie » (qui œuvrent pour dans la promotion des cultures asiatiques) qui n’ont pas voulu à ce jour rejoindre notre logique de partenariat et de réseau… Pourtant, ils travaillent à l’essor culturel du Bhoutan, du Népal et autres… Mais l'Inde semble soulever un dilemme pour eux... Mais nous avons de très bons contacts et je suis certaine qu'avec plus de rencontres, plus de discussions, nous arriverons à trouver des terrains de travail conjoint. J'appartiens à plusieurs réseaux internationaux d'Asian Studies où l'Inde n'est qu'un secteur de l'Asie parmi les autres.
   Donc, globalement, pour le moment, les choses se passent plut
ôt bien !

  • IR/LNRI : Vous sentez-vous épaulée dans vos actions, notamment par les autorités culturelles ? Ou bien êtes-vous confrontée à des difficultés, des réticences ?

FA : Epaulés, nous le sommes par l’ensemble des professionnels, associations et Indiens qui participent à la vie et à l’essor du réseau, notamment dans la mise en place de nos événements culturels.
   En revanche, nous attendons toujours le soutien des autorit
és culturelles. J'estime qu'il est essentiel, pour bénéficier de crédibilité, d'apporter des éléments chiffrés et une traçabilité de nos actions. Pour être solides, les bases de tout projet doivent être bien construites. Mais nous ne désespérons pas de trouver ces soutiens en constituant un dossier construit qui nous donnera visibilité et épaisseur. Nous avons constitué des groupes de travail qui œuvrent remarquablement. Nous effectuons un énorme travail préalable essentiel à la mise en œuvre de tout projet. Nous devons acquérir de la crédibilité et être en mesure de la prouver.

  • IR/LNRI : Quelles relations votre réseau entretient-il avec l’Inde elle-même et avec la diaspora ailleurs en France, voire dans le monde ?

FA : Lorsque je vivais à Delhi, j'avais déjà créé un groupe constitué d'Indiens et de Français tous passionnés d'art, qui organisait des rencontres culturelles essentiellement indiennes mais aussi françaises avec mutualisation des pratiques. Cela avait eu beaucoup de succès à Delhi où la communauté française était toute petite ou très renfermée.
   Puis avec deux amies, une de Delhi et une, professeure de Kathak
à Varanasi, nous avons imaginé une association culturelle autour de la culture française/indienne en Inde. Il s'agit en quelque sorte du « reflet indien » du réseau La porte de l'Inde de Toulouse. Je participe au réseau indien à chacun de mes séjours là-bas et j'en vois avec plaisir les avancées.  L'association indienne regroupe déjà de nombreux « francophiles », plus que des Français même. Notre idée est de réaliser des projets communs d'échanges. Les autorités culturelles indiennes sont très intéressées ainsi que l'Alliance Française de Delhi.
  
« Dans le monde ? »...  Les relations que j'ai dans l'international sont essentiellement universitaires. Mais, il est tout à fait intéressant de voir qu'il existe de fort nombreuses personnes de ce milieu-là qui utilisent aussi leurs recherches, les rencontres effectuées sur le terrain, pour développer des actions extrêmement intéressantes. Nous avons déjà élaboré des travaux académiques avec différents collègues (notamment italien, thaï) et je travaille en collaboration avec les universités de Chicago via le réseau AAS (Association for Asian Studies).

  • IR/LNRI : Je crois savoir que vous nourrissez de grands espoirs pour le rayonnement de la culture indienne en région toulousaine : pouvez-vous nous parler de ces projets ?

FA : La constitution d’un réseau artistique et culturel doit donner une visibilité sur la nécessité à Toulouse d’un lieu unique autour de l’Inde : pour les Indiens de Toulouse et de la région, pour les professionnels « indianistes », pour les amateurs de l’Inde et pour les curieux qui souhaitent connaître l’Inde.
   Toulouse, deuxi
ème ville indienne de France, semble être tout à fait indiquée pour accueillir ce type de lieu : une sorte de Maison de lInde pour et par les Indiens de la Région.
   Mais derri
ère la constitution du Réseau Artistique et Culturel, louverture dun Centre Artistique et Culturel Indien (Maison de lInde à Toulouse) est l’étape finale !

© La Revue de l'Inde et Indes réunionnaises 2012

 


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